PROBLÈMES

Les buvettes sont un support de convivialité et permettent – en marge des événements sportifs, d'un spectacle ou d'un concert – de boire un verre ou de grignoter un morceau. Sous le régime LRDBH/LSD c'est le service du commerce qui octroyait l'autorisation d'exploiter des buvettes temporaires lors des événements culturels ou sportifs. Il autorisait également l'exploitation des buvettes accessoires, temporaires ou permanentes, dans les lieux culturels ou les centres sportifs. L'obtention d'une autorisation pour l'exploitation de ce type de buvette ne posait alors pas de difficultés particulières aux structures cultures ou sportives. Il suffisait que les murs auxquels ces buvettes étaient accessoires ou que l'événement qu'elles venaient compléter soient autorisés pour qu'elles le soient aussi.

La LRDBHD a changé les régimes d'autorisation des buvettes accessoires aux événements de divertissement et aux lieux culturels et sportifs. Pour les buvettes d'événement c'est maintenant les communes qui sont compétentes pour la délivrance des autorisations. Ces buvettes ne nécessitent pas de diplôme particulier et restent donc très accessibles. Par contre pour les lieux culturels ou sportifs obtenir une autorisation pour l'exploitation d'une buvette nécessite maintenant un gérant titulaire d'un diplôme de cafetier et exerçant une gestion personnelle et effective.

Ces nouvelles disposition s'appliquent à toutes les buvettes accessoires aux établissements culturels,  sportifs ou de loisirs qui sont considérées comme permanente même si celles-ci ne sont ouvertes que peu de temps avant et après un concert, un spectacle, un match ou un divertissement.

Elles posent de gros problèmes à de nombreuses structures ou associations qui ne disposent souvent pas d'une personne titulaire d'un diplôme de cafetier en leur sein. L'activité principale des association culturelles ou sportives est autre que la restauration. C'est pourquoi les personnes qui servent aux buvettes varient d'une fois à l'autre, sont parfois bénévoles. Et les petits temps de travail proposés ne sont bien entendu pas de nature à pouvoir satisfaire les attentes d'un professionnel de la restaurations expérimenté. Peut-on raisonnablement attendre d'un bénévole ou d'une personne travaillant quelques heures par semaine de suivre une formation de 4 mois qui coûte près de 4000.-. 

Pour encore compliquer l'histoire, la volonté du législateur d'imposer en plus du diplôme la gestion personnelle et effective des buvettes par un seul exploitant  s'accommode très mal des modes de fonctionnement et de gestion associatifs qui  sont par définition collectifs.  Selon le règlement de la LRDBHD, cette gestion personnelle implique de la part de l'exploitant responsable une présence hebdomadaire de 15h  minimum et de très nombreuses autres tâches qui dans la plupart des buvettes de lieux culturels ou sportifs sont reparties entre différentes personnes et souvent dévolues au comité des associations. 

Si rien n'est fait et que la loi demeure si éloignée des réalités du terrain, il ne restera deux options pour de grands nombres de structures culturels et sportifs. Devenir hors la loi ou fermer leur buvette.