25.05.16 – 20MIN

«Sérieuse menace» pour les buvettes des stades

Les Verts veulent changer la loi sur le débit de boissons. L’obligation de passer l’examen de cafetier pourrait mettre en danger les petites structures, affirme le parti.

Si la situation actuelle demeure, il faudra «dégager du temps et de l'argent pour les exploitants de buvettes des stades ou des théâtres. Ce sera très difficile pour eux», prédit la cheffe de groupe des Verts au Grand Conseil. Sarah Klopmann est à l'origine d'un projet de modification de la loi sur la restauration, le débit de boissons, l'hébergement et le divertissement (LRDBHD), appuyé par toute la gauche.

Le texte récemment déposé, qui pourrait être traité en urgence la semaine prochaine en session parlementaire, exige d'annuler l'obligation d'obtenir un diplôme de cafetier pour gérer de petites structures permanentes dites «de service restreint»; en clair: qui ne servent pas de plats cuisinés sur place.

Lourds investissements

La nécessité de passer un examen reviendrait à «quasi professionnaliser» ces lieux, selon l'élue. Avec à la clé des investissements importants pour des clubs sportifs ou des acteurs culturels dont la vocation première n'est pas de faire de la restauration. La préparation à l'examen de cafetier se compte en semaines. Les cours (non obligatoires) se chiffrent entre 3200 et 3950 fr. tandis que l'examen coûte environ 300 fr.

Bref, les «buvettes sont dangereusement menacées» si la loi ne change pas, estime Sarah Klopmann. Cela montre que la législation actuelle «pose problème car elle ne correspond pas à la réalité du terrain», renchérit Matthias Solenthaler, animateur de la plateforme associative qui planche sur la LRDBHD.

La droite pas d'accord

Pour le camp bourgeois, pas question de voter ce projet de loi. Les règles doivent «être les mêmes pour tous », note le député PLR Jacques Béné. Son collègue de parti Frédéric Hohl estime qu’il faut distinguer la loi et l’esprit de la loi. Cet autre connaisseur du dossier se dit persuadé que «le bon sens va primer» pour certaines buvettes et permettra d'adoucir les conditions d'exploitation.

Le MCG, de son côté, estime que l'idée des Verts n'est pas mauvaise sur le fond mais craint que cela puisse s'appliquer aux établissements du centre culturel autogéré de l'Usine, par exemple, ce qui le rebute. Des établissements dont le statut exact n'est pas encore défini.

Le Département de l’économie, lui prend acte du projet des Verts. Mais il «s’étonne qu’une nouvelle loi largement votée par le parlement il y a un an et entrée en vigueur depuis moins de cinq mois fasse déjà l’objet d’une demande de modification, alors même qu'elle est en phase d’essai avec les acteurs concernés.»

Par David Ramseyer